Accueil - Orthopédiste du genou à Lausanne – Pathologie: Lésion du ligament croisé antérieur (LCA)
Lésion du ligament croisé antérieur (LCA)

Anatomie
Mécanisme de la lésion
La rupture du ligament croisé antérieur survient généralement lors d’activités sportives ou de traumatismes. Le pronostic est différent selon qu’il s’agit d’un traumatisme à haute ou faible vélocité. Dans le contexte sportif, la plupart du temps, il s’agit d’un mouvement brusque avec déboîtement du genou associant une flexion, un valgus (genou qui part vers l’intérieur) et une rotation interne. Ce phénomène est souvent décrit comme le « medial collapse » du genou.
Ce mécanisme entraîne une dislocation du tibia en avant du fémur qui déchire le LCA et peut aussi abîmer les ménisques ou provoquer des lésions osseuses concomitantes. Des facteurs prédisposants, tels qu’une anatomie particulière ou une biomécanique spécifique comme l’Hallux Limitus Fonctionnel, peuvent parfois favoriser ce type de torsion brutale en induisant une translation anormale en fin de phase d’appui.
Diagnostic
L’identification précise de la lésion repose sur un faisceau d’indices concordants. Les symptômes se manifestent par un haut degré de suspicion en cas d’épanchement important (gonflement rapide du genou par saignement intra-articulaire), la perception d’un craquement audible au moment de l’accident et une sensation immédiate d’instabilité avec déboîtement de l’articulation.
Le diagnostic clinique est ensuite confirmé par le spécialiste lors de l’examen physique. Il réalise des tests spécifiques fiables, tels que le test de Lachman ou le « pivot shift », qui témoignent de la subluxation de l’articulation et de la laxité anormale en l’absence de LCA fonctionnel.
Note importante: La présence de sang dans l’articulation (hémarthrose) après une entorse du genou est synonyme de déchirure du ligament croisé antérieur dans plus de 70% des cas.
Enfin, le diagnostic radiologique avec IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) est un examen utile et quasi systématique pour confirmer le diagnostic clinique. L’imagerie permet surtout de dresser un bilan complet en montrant les lésions associées, notamment au niveau des ménisques, du cartilage ou des autres ligaments, ce qui est déterminant pour la planification chirurgicale.
Contexte médico-sportif
La prise en charge d’une lésion du LCA ne se limite pas à l’analyse de l’image IRM ; elle doit s’intégrer dans la vie du patient. Une évaluation des capacités fonctionnelles individuelles est réalisée à travers un questionnaire type, un bilan de mobilité et de stabilité, ainsi que la prise en compte des maladies préexistantes ou des séquelles d’accidents antérieurs. La nature des sports pratiqués, le niveau d’intensité et les attentes du patient orientent également la stratégie thérapeutique.
Contrôle actif du genou
La réussite de l’intervention chirurgicale se prépare bien avant l’entrée au bloc opératoire. Avant une opération du genou, il est impératif d’avoir récupéré une démarche normale et contrôlée par la musculature, même s’il persiste un petit déficit d’extension. Opérer un genou enraidi ou inflammatoire augmente le risque de complications post-opératoires, notamment la raideur (arthrofibrose).
L’opération consiste à reconstruire le ligament et non à le réparer ; dès lors, il s’agit d’un geste électif qu’il ne faut pas précipiter, sauf si des lésions graves méniscales ou osseuses l’exigent impérativement. Une phase de physiothérapie préopératoire est souvent prescrite pour réveiller la musculature et drainer le genou.
Inflammation et douleurs
La gestion de la phase aiguë est primordiale. En cas d’épanchement important, une ponction évacuatrice peut être nécessaire pour soulager les douleurs et lever la sidération musculaire. L’évacuation de l’hématome diminue la pression intra-articulaire et facilite la récupération de la mobilité.
De plus, en cas de lésion associée du plan ligamentaire interne, il faut attendre que les douleurs régressent suffisamment avant l’opération pour éviter de perturber la rééducation. Le genou doit être aussi « calme » que possible avant la chirurgie pour optimiser les résultats.
Pourquoi faut-il opérer ?
La décision chirurgicale repose sur la nécessité de restaurer la mécanique du genou. Le LCA est un élément-clé de la stabilité rotatoire du genou. En cas de lésion, un sentiment d’insécurité peut être ressenti comme une impression de déboîtement dans certains mouvements, notamment lors des pivots ou des changements de direction.
Il faut alors reconstruire le ligament croisé antérieur pour lever cette appréhension et retrouver confiance dans son genou. Au-delà du confort immédiat, l’intervention a une visée préventive : en cas de lésions méniscales associées, la reconstruction du LCA est nécessaire pour assurer la cicatrisation de ces structures après réparation et prévenir une dégradation arthrosique précoce.
Reconstruire le ligament
La chirurgie du LCA a bénéficié de nombreuses avancées techniques. Le principe de la plastie chirurgicale du LCA consiste à reconstruire le ligament croisé antérieur par un greffon tendineux (auto- ou allo-greffe) qui reproduit fidèlement la tension et la position naturelle du ligament croisé antérieur. Le ligament déchiré n’est pas simplement recousu, car il ne cicatriserait pas correctement; il est remplacé.
L’opération est réalisée sous contrôle arthroscopique pour permettre le placement adéquat du néo-ligament. Le chirurgien prélève généralement un tendon au niveau de la cuisse (souvent le demi-tendineux), le prépare pour en faire un greffon solide, puis le fixe dans des tunnels osseux réalisés dans le fémur et le tibia. La fixation est assurée par des dispositifs spécifiques (vis, boutons ou clous résorbables) qui maintiennent la tension pendant la phase d’intégration osseuse.
Traiter les lésions méniscales
Compléter la stabilisation
Chaque genou est unique et la chirurgie doit parfois s’adapter à des contraintes spécifiques. Certains gestes associés peuvent être ajoutés comme une plastie extra-articulaire complémentaire (renfort sur le côté externe du genou pour contrôler la rotation), une ostéotomie de réalignement en cas de défaut d’axe important, ou une correction à distance d’une dysfonction telle qu’un Hallux Limitus Fonctionnel. Chaque situation doit être évaluée de manière personnalisée pour offrir la stabilité la plus durable possible.
Sécurité et anesthésie: L’intervention se déroule dans des conditions d’asepsie stricte (flux laminaire). L’anesthésie, qu’elle soit générale ou locorégionale, est discutée au préalable pour garantir un confort optimal et une gestion efficace de la douleur au réveil.
Phase 1 : De l'opération à la fin de la 2ème semaine
L’objectif initial est de contrôler l’inflammation et de réveiller la fonction musculaire. La priorité est la marche sans boiterie avec deux cannes en appui partiel (environ 30 kg) pour protéger la cicatrisation initiale tout en stimulant l’os. La mobilité se travaille progressivement avec une flexion active selon la tolérance à la douleur et, surtout, la recherche de l’extension active complète du genou, qui est fondamentale pour la marche future.
Durant cette période, les exercices de rééducation à réaliser se concentrent sur l’école de marche et le passage du pas en avant et en arrière pour retrouver un schéma moteur correct. Le réveil du quadriceps et la tonification des ischio-jambiers sont initiés par des exercices simples comme l’extension du genou (lever du talon avec un rouleau sous le genou) ou la flexion en position assise. Des mouvements de mini squat et la mobilisation de la pointe des pieds sur une marche d’escalier complètent ce premier stade.
Phase 1 (suite) : Les 3ème et 4ème semaines
La progression se poursuit vers l’autonomie. L’objectif est d’obtenir une marche sans boiterie en charge complète, toujours assistée par les cannes si nécessaire pour garantir la qualité du mouvement. Le patient doit récupérer une flexion et une extension actives complètes du genou. L’équilibre commence à être sollicité, notamment par la capacité à tenir en équilibre sur une jambe.
Les exercices s’intensifient doucement avec des squats contrôlés, des fentes latérales et des fentes avant. Le travail fonctionnel inclut le lever de chaise et le gainage antérieur et postérieur pour renforcer le tronc, indispensable à la stabilité des membres inférieurs.
Tests de passage en phase 2: Pour progresser, plusieurs critères sont vérifiés : l’état local du genou (absence d’œdème majeur, cicatrices saines), le contrôle actif et la mobilité, ainsi que l’équilibre. Des outils technologiques (vidéo, capteurs) peuvent analyser la marche et la force pour valider cette étape.
Phase 2 : De la 5ème à la 8ème semaine
C’est la phase de consolidation et de renforcement. Le patient doit pouvoir marcher sans boiterie et sans cannes. Le travail se focalise sur le contrôle actif en unipodal (sur un pied) et la réalisation de squats sur une ou deux jambes. Il est crucial de réaliser des exercices de rééquilibrage entre les muscles agonistes et antagonistes, ainsi que le renforcement et l’étirement des chaînes musculaires complètes (ischio-jambiers, quadriceps, abducteurs, adducteurs). La mobilité articulaire doit être complète ou quasi complète.
Les exercices types incluent des squats et l’équilibre sur une jambe, des fentes avant, et le « pont » sur une jambe (fessiers/ischios) à l’aide d’un ballon de gymnastique. Les exercices fonctionnels comme s’asseoir et se lever d’une chaise se font désormais en appui bipodal puis unipodal.
Phase 3 : De la 9ème à la 12ème semaine
Phase 4 : De la 13ème à la 16ème semaine et au-delà
Cette phase marque le début de la réathlétisation. Le programme inclut du trampoline et une école de saut pour travailler l’amorti. Les courses rapides avant-arrière et les déplacements latéraux sont réintroduits. Les exercices deviennent stato-dynamiques (par exemple avec une barre à squat). La reprise des activités sportives spécifiques se fait sous contrôle actif, en insistant sur l’endurance et le rééquilibrage musculaire global.
Retour au sport (Phase 5)
La reprise du sport n’est pas une date sur un calendrier, mais la validation d’un état fonctionnel. Avant de reprendre des sports de pivot-contact (démarrages, freinages brusques, contacts et changements de direction) tels que le badminton, le squash, le tennis, le football, le basket-ball, le hockey sur glace ou le ski, une validation stricte est nécessaire.
Nous vous conseillons une phase de retour progressif au sport par des exercices de mime : il s’agit de retourner au bord du terrain pour répéter des séquences de votre pratique sportive, sans contact, à vitesse progressivement croissante. Cette étape permet de reprogrammer le cerveau et les réflexes de protection du genou avant de se confronter à l’imprévisibilité de la compétition.
Informations pratiques sur la vie quotidienne
Quelle cicatrice vais-je avoir ? L’intervention étant réalisée sous arthroscopie, les cicatrices sont minimes. Trois petites incisions sont nécessaires pour introduire la caméra et les instruments. Une incision supplémentaire de 3 à 4 cm, généralement située à la partie supérieure du tibia, est nécessaire pour le prélèvement du greffon. Ces cicatrices s’estompent avec le temps.
Quand pourrai-je prendre une douche ? Les pansements appliqués à la clinique sont généralement plastifiés et imperméables, ce qui vous permet de prendre une douche dès votre retour à la maison. Il faut toutefois éviter les bains ou la piscine jusqu’à cicatrisation complète de la peau (environ 3 semaines).
Combien de temps devrai-je utiliser des cannes? L’utilisation des cannes anglaises est maintenue tant que la marche n’est pas fluide. Le port des cannes est nécessaire jusqu’à récupération de l’extension complète du genou et d’une démarche symétrique sans boiterie. La démarche doit être harmonieuse au moment où on lâche les cannes. Il est déconseillé de passer par une étape avec une seule canne ; on marche avec deux cannes, puis sans cannes.
Quand pourrai-je conduire? La reprise de la conduite dépend du côté opéré et du type de véhicule. S’il s’agit du genou gauche et que vous possédez une voiture automatique, la conduite est possible rapidement. S’il s’agit du genou droit (ou gauche avec boîte manuelle), il convient de respecter un délai (généralement 4 à 6 semaines) jusqu’à être en mesure de pouvoir effectuer un freinage d’urgence efficace sans douleur et sans hésitation.
Combien de temps dure l’arrêt de travail? La durée de l’arrêt dépend de votre profession. Pour un travail sédentaire de bureau, une reprise peut être envisagée après 2 à 4 semaines, selon votre confort et vos déplacements. Pour un travail physique nécessitant station debout prolongée ou port de charges, l’arrêt peut s’étendre de 3 à 4 mois. Votre chirurgien adaptera cette durée à votre récupération et aux exigences de votre métier.
Suivi personnalisé
L’approche Medicol repose sur une vision globale du patient, où la chirurgie n’est qu’une étape d’un processus complet de rétablissement. Nous accordons une importance capitale à la mesure objective de vos progrès.
Un suivi personnalisé est mis en place à l’aide de scores cliniques et fonctionnels. Vous serez amené à remplir le questionnaire ACL-RSI, un outil validé scientifiquement qui évalue vos attentes, vos appréhensions et votre confiance psychologique dans votre genou. Cette évaluation est réalisée à chaque consultation de suivi. Elle permet au médecin et à l’équipe soignante d’identifier vos difficultés spécifiques et d’adapter votre plan de rééducation en temps réel. L’objectif est de personnaliser la prise en charge pour que vous soyez le principal acteur de votre guérison.
Programme MedicolRehab
Pour vous accompagner au quotidien entre les séances de physiothérapie, Medicol met à votre disposition le programme «MedicolRehab».
Ce dispositif vous donne accès à des vidéos pédagogiques illustrant les exercices de rééducation décrits dans cette brochure. Vous y trouverez un programme quotidien de séances de rééducation, conçu pour évoluer parallèlement à vos phases de récupération. Ces supports visuels vous aident à réaliser les mouvements avec la bonne technique et la bonne intensité, sécurisant ainsi votre travail personnel à domicile et optimisant le résultat final de l’intervention.
Vous voulez en apprendre plus sur les lésions des ligaments ?
Sur notre site Medicol, vous trouverez une information complémentaire détaillée.
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